Poesie

Lundi 19 septembre 2005

La nature dans sa diversité est,
Sa contemplation jamais ne se répète, 
Ses motifs à l’infini ne peuvent se répéter.

 L’homme moderne aime l’uniformité,
Ces motifs à l’infini sont répétés.

 La cohabitation des deux tient du miracle, 
Seuls l’intelligence et l’humilité de l’homme.
                               
Permettent d’y parvenir !

 

 

 

Par Christian Adams
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Mercredi 5 octobre 2005

 La poésie du jour.



      Le frêne vous connaissez?

Frêne hautain, forestier et champêtre,
L'arbre premier de tant d'arbres divers,
L'arbre immortel au renom de mes vers,
L'arbre aux serpents toujours odieux maître ;

Le coudre rompt, mais tu te fais connaître
Propre à la guerre et jamais de travers
De toi tortu les monts ne sont couverts,
Ains haut et droit toujours as voulu naître ;

Je fais mes dards, pour tous mes arcs, de toi,
Les forestiers en font de même moi,
Et Panarèthe en fait les siens encore :

Phébus aussi en patronne ses traits,
Sa chaste soeur son carquois en décore,
Ainsi au bois as tous noms satisfaits.

VAUQUELIN DE LA FRESNAYE (vers 1535-1606).

 

Par Christian Adams
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Lundi 31 octobre 2005

L’automne

 Ô vous qu'ont enrichis les trésors de Cérès,
Préparez-vous, mortels, à de nouveaux bienfaits.
Redoublez vos présents, terre heureuse et féconde ;
Récompensez encor la main qui vous seconde.
Et toi, riant automne, accorde à nos désirs
Ce qu'on attend de toi, du repos, des plaisirs,
Une douce chaleur, et des jours sans orages.

 Il vient environné de paisibles nuages,
Il voit du haut du ciel le pourpre des raisins,
Et l'ambre et l'incarnat des fruits de nos jardins.
De coteaux en coteaux la vendange annoncée
Rappelle le tumulte et la joie insensée ;
J'entends de loin les cris du peuple fortuné
Qui court, le thyrse en main, de pampres couronné.
Favoris de Bacchus, ministres de Pomone,
Célébrez avec moi les charmes de l'automne :
L'année à son déclin recouvre sa beauté.
L'automne a des couleurs qui manquaient à l'été.
Dans ces champs variés, l'or, le pourpre et l'opale,
Sur un fond vert encor brillent par intervalle,
Et couvrent la forêt, qui borde ces vallons,
D'un vaste amphithéâtre étendu sur les monts.
L'arbre de Cérasonte au gazon des prairies
Oppose l'incarnat de ses branches flétries.
Quelles riches couleurs, quels fruits délicieux
Ces champs et ces vergers présentent à vos yeux !
Voyez par les zéphyrs la pomme balancée
Échapper mollement à la branche affaissée,
Le poirier en buisson, courbé sous son trésor,
Sur le gazon jauni rouler les globes d'or,
Et de ces lambris verts attachés au treillage
La pêche succulente entraîner le branchage. 

 Les voilà donc, ces fruits qu'ont annoncés les fleurs
Et que l'été brûlant mûrit par ses chaleurs !
Jouissez, ô mortels, et, par des cris de joie,
Rendez grâces au ciel des biens qu'il vous envoie ;
Que la danse et les chants, les jeux et les amours,
Signalent à la fois les derniers des beaux jours.

JEAN-FRANÇOIS DE SAINT-LAMBERT (1716-1803)

Par Christian Adams
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Jeudi 9 février 2006
GEORGES DE SCUDÉRY (1601-1667)

L'HIVER
L'Air paroist tout obscur; la clarté diminuë ;
Les arbres sont tous nuds ; les ruisseaux tous glacez ;
Et les rochers affreux, sur leurs fronts herissez,
Reçoivent cet amas, qui tombe de la Nuë.

To
ut le Ciel fond en eau ; la gresle continuë ;
Des vents impetueux, les toits sont renversez ;
Et Neptune en fureur, aux Vaisseaux dispersez,
Fait sentir du Trident, la force trop connuë.

Un froid aspre et cuisant, a saisi tous les corps ;
Le Soleil contre luy, fait de foibles efforts ;
Et cet Astre blafard, n'a chaleur, ny lumiere :

L'Univers desolé, n'a plus herbes ny fleurs ;
Mais on le doit revoir, dans sa beauté premiere,
Et l'orage eternel, ne se voit qu'en mes pleurs.



Par Christian Adams
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Mercredi 22 mars 2006
MARC-ANTOINE DE SAINT-AMANT (1594-1661)

LE PRINTEMPS DES ENVIRONS DE PARIS
Zephire a bien raison d'estre amoureux de Flore
;
C'est le plus bel objet dont il puisse jouyr ;
On voit à son eclat les soins s'esvanouyr,
Comme les libertez devant l'oeil que j'adore.

Qui ne seroit ravy d'entendre sous l'aurore
Les miracles volans qu'au bois je viens d'ouyr !
J'en sens avec les fleurs mon coeur s'espanouyr,
Et mon luth negligé leur veut respondre encore.

L'herbe sousrit à l'air d'un air voluptueux
;
J'apperçoy de ce bord fertile et tortueux
Le doux feu du soleil flatter le sein de l'onde.

Le soir et le matin la Nuict baise le Jour
;
Tout ayme, tout s'embraze, et je
croy que le monde
Ne renaist au printemps que pour mourir d'amour.
Par Christian Adams
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